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Mercredi 18 juillet 2007

Bristol … Non … Roissy … les yeux me piquent de fatigue (tristesse ?) le vol de 7h30 en partance de Bristol m'ayant obligé à un réveil à 4h30. Il semble que quelques architectes et concepteurs aient trouvé hilarant après quelques pintes de John Smith de dissimuler toute trace de l'aéroport de Bristol : pas de panneaux, des routes empruntées au réseau andin et le tout au milieu d'incompréhensibles embouteillages considérant que nous sommes si loin de Londres et à une heure avancée pour les quelques étudiants qui jonche encore les trottoirs hésitant entre vomir ou commander une Domino's pizza. Par comparaison et à distance égale, il me semble qu'à peine ma voiture sortie de chez moi je me retrouve sur le tarmac de l'aéroport de Birmingham, l'un des stewards m'ouvrant la portière et m'invitant à monter dans l'avion.

Depuis le bus qui effectue la navette de l'avion à l'aire de récupération des bagages, je regarde autour de moi les premiers éléments du décor qui sera le mien pour trois mois. Je remarque qu'une maquette géante de concorde gît toujours sur le site de l'aéroport français. Je dis "toujours" car cela fait plusieurs mois qu'Heathrow s'est débarrassé de sa copie. Je me demande pourquoi la France reste plus ancrée dans son passé que le Royaume-Uni.

Sans vouloir porter un quelconque coup à l'entente cordiale, je me dis que le concorde britannique a probablement été remplacé par un objet publicitaire avec la tête de Mourinho en gros plan.

La France se meurt dans son passé et la Grande-Bretagne fait le tapin …

Je sors de ma cross-channel rêverie et je repense à ces derniers mois passés en Bretagne (la Petite cette fois-ci). Il est très difficile de déterminer ce qu'il s'y est passé car :

1 - Il pleuvait trop et cela ne m'engageait pas à ouvrir mes volets ;

2 - Je n'y connaissais personne en dehors de ceux qui partageaient ma promotion. Très peu pour le changement d'air donc ;

3 - J'ai été fatigué, usé et déprimé par les études, à tel point que j'en ai fini aux urgences. Rien de grave toutefois. Mon corps m'a demandé de faire une pause et n'ayant pas obtempéré il a stoppé les machines et fait grève ;

 

Et me voilà aujourd'hui à Paris dans un des plus grands cabinets d'avocats de la capitale.

 

Ce matin un peu après 7h, je marchais vers le cabinet en regardant passer la Tour Eiffel. Et ici, c'est évident au vu de l'heure à laquelle je cours à mon bureau, je ne dors plus. D'ailleurs ce n'est pas possible. Paris se réveille à 6h30 (et non pas 5h, n'en déplaise à Monsieur Dutronc) et d'un coup de respiration vous éjecte du lit ; peut-être un peu plus tard si vous résistez mais alors Paris jappe (klaxons) et trépigne de vous voir arpenter les couloirs de son métro.

Après tout, me disais-je, il s'agit de se coucher plus tôt. Mais Paris, tel un enfant qui ne veut pas aller au lit, pique sa crise, couine (klaxons) et siffle (crissements) et pousse des meubles jusqu'à tard dans la nuit. Ce sont les voisins américains du dessus qui s'en chargent mais je sais que Paris d'une manière ou d'une autre en est le maître d'œuvre.

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Mercredi 16 août 2006

Une petite annonce pour indiquer que je serai absent de ce blog pendant 2 semaines … oui je pars en vacances !

En attendant, je vous propose de deviner ce qui est représenté en image sur ce blog. Tentez votre chance !

A bientôt.

 

 

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Vendredi 21 juillet 2006

C’est en lisant le blog de Mauricette que me sont revenues les images de touristes fantasques à Londres et dans d’autres parties de la Perfide Albion. Les commentaires suivants sont issus de mon expérience personnelle mais pas (toujours) de mes propres villégiaturistes.

 

Les journées de visite à Londres avec sa famille ou ses amis non-britanniques (surtout français) doivent souvent se préparer quelques semaines à l'avance par un entraînement intensif aux différentes techniques de gestion touristique. En effet, il est impératif de ne pas entacher l’Entente Cordiale. Voici donc quelques conseils même si la liste n’est, bien sûr, pas exhaustive.

 

Il est utile de sauter tous les matins par dessus le fossé de votre choix (la distance séparant les deux pentes à leur sommet ne devant pas être inférieure à 15 cm et sans tricher). Cet exercice permettra de vous préparer au "mind the gap ..." du Tube.

 

Il est important d’apprendre les techniques de disparition instantanée (les livres de J.K. Rowling pouvant être utiles) et/ou maîtrise coercitive du doigt touristique démonstrateur et naïf vers (au choix) un punk, une jeune fille légèrement vêtue en Janvier, Nelson sur la colonne de Trafalgar Square (ajoutant les mots "oh Napoléon") . Alternativement, il vous faudra peut-être circonscrire un doigt accusateur lorsque le propriétaire dudit doigt est dans un pub assis à une table et appelle le "barman" pour se faire servir (le mot "Garcon ! " vous obligeant seulement à vous retourner vers la technique de disparition - voir supra -).

 

Ces mots innocents d’un côté de la Manche peuvent être assassins de l’autre. Il est donc impératif de posséder de bons mollets pour la course ou pour les moins sportifs, des notions diplomatiques anglo-françaises permettant d'éviter la crise en cas de paroles  sources de "situations" telles que:

-         "Ils sont quand même bizarres ici". La situation peut d'ailleurs s’avérer être un conflit franco-français lorsque les paroles sont maladroitement prononcées comme jugement de valeur envers un(e) francais(e) qui aurait résolument décidé d'être plus anglais(e) que les anglais(es) et joue la carte du stéréotype au-delà des limites du ridicule (même pour un(e) britannique). Je suis plutôt critique à l’égard de ces individus sans personnalité mais pour éviter un conflit interne, il est utile de leur glisser une phrase du genre : « Tu as la preuve de facto que tu fais très London » (rajouter un anglicisme rassure l’insipide et rajouter un latinisme lui donne le temps de la réflexion qui vous permet de vous éloigner).

-         (Trafalgar Square) "Oh Napoléon" (voir plus haut). Il est alors nécessaire de prendre un ton un peu plus académique et énoncer assez clairement pour les autres français qui passeraient dans votre vicinités, l’histoire de la personnalité qui orne cette statue. Dernièrement en travaux (je ne sais pas si c’est toujours le cas), l’ami Nelson était dissimulé derrière des échafaudages évitant, de fait, un quelconque problème quant à sa ménonymie (néologisme désignant la méconnaissance ou la confusion d’un nom patronymique).

-         "Et ça fait combien en euros?". Il est possible de penser que cette question est absolument triviale puisque certaines échoppes inscrivent leur prix en livres sterling et en euros. Cette particularité est une facilité économique principalement à l’intention de nos amis irlandais et EN AUCUN CAS une invitation à la demande de conversion.

-         "Oh mais c'est pas si dégueulasse". Cette simple litote peut créer quelques remous diplomatiques. Vous constaterez que je n’ai pas de conseils à donner pour le rétablissement des deux dernières situations. C’est parce que j’ai de bons mollets.

-         "Ils ont quand même des bonnes têtes d'anglais". Il se trouve que cette phrase fut une fois prononcée pour mon compte. Il semble que mes lointaines origines (au troisième degré) Polonaises et Germaniques transparaissent aux yeux de mes camarades français. Ce qui est paradoxal car la plupart de mes connaissances britanniques sont catégoriques sur l’évidence de mes origines majoritairement françaises. Je déconseille la réponse qu’il m’a été donné de prononcer : «  Ils ont quand même des bonnes critiques de français ». L’animosité ne serait que décuplée.

-         (Devant Buckingham Palace) "Et le bureau de Tony Blair c'est quelle fenêtre? »

Le guide indique la négative et l'exaspération d'un signe de tête, le naïf se ravise.

"Ah oui on ne peut pas savoir sinon il pourrait se faire tirer dessus".

Ces gens-là ne doivent pas disparaître, il est toujours amusant de les rencontrer même s’il serait hautement utile de leur retirer le droit de vote.

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Vendredi 14 juillet 2006

C’est le 21 mai 1880 qu’une loi est proposée par le député Benjamin Raspail et promulguée le 6 juillet faisant du 14 juillet 1790 une "journée de Fête Nationale annuelle".

Ce n’est pas une faute de frappe. Légalement la célébration n’est pas celle de la prise de la Bastille, mais la Fête de la Fédération. Bien sûr, cette fête fut organisée en faisant directement référence aux événements du 14 Juillet 1789.

Le 14 Juillet 1790, les fédérés se rassemblent et défilent à Paris. Lors des festivités, Louis XVI prête serment à la Nation et à la loi devant une foule enthousiaste. Remarquons d’ailleurs que plus tard son exécution déplacera également de nombreux spectateurs (cela reste une de ces histoires de tête). Et aujourd’hui encore, une multitude se rassemble quotidiennement autour du souverain et le lieu garde toujours son côté électrique et encombré.

Henri Martin, rapporteur au Sénat, explique pourquoi la fête nationale commémore la Fête de la Fédération et non la prise de la Bastille.

« Il y a eu ensuite, au 14 juillet 1789, il y a eu du sang versé, quelques actes déplorables ; mais, hélas ! dans tous les grands événements de l’histoire, les progrès ont été jusqu’ici achetés par bien des douleurs, par bien du sang. Espérons qu’il n’en sera plus ainsi dans l’avenir. (« Très bien ! » à gauche. Interruptions à droite).

À droite : Oui, espérons !

M. Hervé de Saisy de Kerampuil : Nous n’en sommes pas bien sûrs ! (son expérience militaire lui permettait de savoir que l’Histoire lui donnerait raison).

M. le rapporteur : Nous avons le droit de l’espérer. Mais n’oubliez pas que, derrière ce 14 juillet, où la victoire de l’ère nouvelle sur l’ancien régime fut achetée par une lutte armée, n’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. (« Très-bien ! » à gauche).

Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang (c’est sans compter le constat des urgences des accidents attachés aux feux d’artifice ou ceux liés au bricolage lorsque le 14 juillet tombe un vendredi), d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays, Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé. L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France – personne que Dieu n’a fait l’âme de la France – mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même (« Très-bien ! » sur les mêmes bancs) ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France. »

La date du 4 août fut également proposée pour célébrer la fête nationale mais il n’est jamais bon de se remémorer l’agitation paysanne et il aurait été paradoxal de célébrer une Nuit pour un beau jour de fête.

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Vendredi 7 juillet 2006

Today London puts on a brave face again. A year after the bombing, the wound is still sore. On the 7th day of July 2005, a terrible attack threw the population of London into chaos. Or did it?

The reaction and aftermath showed us courageous people and turned an action to demean people into a day remembered for its heroes. Thank you for not becoming paranoid and scared but instead show that violence will take lives but will not benefit any cause. There is no just cause involving such slaughter.

I was genuinely impressed with the dignity and calm kept by everybody in London. Today, we feel closer to one another. While walking to my office this morning, people were looking at each other in a way that says: “it was today”. Nobody smiled or laughed like we are used to witness everyday. The expected effect of the attack was to bring chaos and fear amongst the population. It brought solidarity and composure.

We can feel the reason why we keep sticking together: it makes us stronger. This last sentence seems to be stating the obvious but we must remember it always and never underestimate our tendency to be human after all.

At noon, I will be silent for 2 minutes like millions all over the country. Thinking about what happened that doomed day but moreover about what happened afterwards …

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