Bristol … Non … Roissy … les yeux me piquent de fatigue (tristesse ?) le vol de 7h30 en partance de Bristol m'ayant obligé à un réveil à 4h30. Il semble que quelques architectes et concepteurs aient trouvé hilarant après quelques pintes de John Smith de dissimuler toute trace de l'aéroport de Bristol : pas de panneaux, des routes empruntées au réseau andin et le tout au milieu d'incompréhensibles embouteillages considérant que nous sommes si loin de Londres et à une heure avancée pour les quelques étudiants qui jonche encore les trottoirs hésitant entre vomir ou commander une Domino's pizza. Par comparaison et à distance égale, il me semble qu'à peine ma voiture sortie de chez moi je me retrouve sur le tarmac de l'aéroport de Birmingham, l'un des stewards m'ouvrant la portière et m'invitant à monter dans l'avion.
Depuis le bus qui effectue la navette de l'avion à l'aire de récupération des bagages, je regarde autour de moi les premiers éléments du décor qui sera le mien pour trois mois. Je remarque qu'une maquette géante de concorde gît toujours sur le site de l'aéroport français. Je dis "toujours" car cela fait plusieurs mois qu'Heathrow s'est débarrassé de sa copie. Je me demande pourquoi la France reste plus ancrée dans son passé que le Royaume-Uni.
Sans vouloir porter un quelconque coup à l'entente cordiale, je me dis que le concorde britannique a probablement été remplacé par un objet publicitaire avec la tête de Mourinho en gros plan.
La France se meurt dans son passé et la Grande-Bretagne fait le tapin …
Je sors de ma cross-channel rêverie et je repense à ces derniers mois passés en Bretagne (la Petite cette fois-ci). Il est très difficile de déterminer ce qu'il s'y est passé car : 1 - Il pleuvait trop et cela ne m'engageait pas à ouvrir mes volets ; 2 - Je n'y connaissais personne en dehors de ceux qui partageaient ma promotion. Très peu pour le changement d'air donc ; 3 - J'ai été fatigué, usé et déprimé par les études, à tel point que j'en ai fini aux urgences. Rien de grave toutefois. Mon corps m'a demandé de faire une pause et n'ayant pas obtempéré il a stoppé les machines et fait grève ; Et me voilà aujourd'hui à Paris dans un des plus grands cabinets d'avocats de la capitale.
Ce matin un peu après 7h, je marchais vers le cabinet en regardant passer la Tour Eiffel. Et ici, c'est évident au vu de l'heure à laquelle je cours à mon bureau, je ne dors plus. D'ailleurs ce n'est pas possible. Paris se réveille à 6h30 (et non pas 5h, n'en déplaise à Monsieur Dutronc) et d'un coup de respiration vous éjecte du lit ; peut-être un peu plus tard si vous résistez mais alors Paris jappe (klaxons) et trépigne de vous voir arpenter les couloirs de son métro.
Après tout, me disais-je, il s'agit de se coucher plus tôt. Mais Paris, tel un enfant qui ne veut pas aller au lit, pique sa crise, couine (klaxons) et siffle (crissements) et pousse des meubles jusqu'à tard dans la nuit. Ce sont les voisins américains du dessus qui s'en chargent mais je sais que Paris d'une manière ou d'une autre en est le maître d'œuvre.
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