Vendredi 26 mai 2006 5 26 /05 /Mai /2006 11:31

Il m’est apparu une chose il y a quelques nuits : aimer est un acte volontaire.

En d’autres termes, on ne peut pas tomber amoureux à moins de le vouloir vraiment ou en tout cas de s’y laisser aller. Il existe un choix même devant l’amour.

Il est bien sûr possible d’être séduit par quelqu’un mais aimer est la résultante du choix de se donner à quelqu’un. Se demander s’il n’existe qu’un seul amour en ce monde pour chacun de nous est donc purement une question individuelle et chacun trouvera la question qui lui conviendra.

Pour ma part, je pense qu’il n’y a qu’un seul amour parce que je l’ai décidé. Cet état de fait est essentiellement un acte volontaire. Essentiellement, car je ne pourrais tomber amoureux si, naturellement, je n’étais pas attiré par la personne. Mais ceci est la seule réaction incontrollée qui puisse exister dans ce processus. L’attrait sexuel est donc le seul aspect fortuit d’une relation durable.

Je trouve que cet "amour volontaire" est d’autant plus beau qu’il n’est pas un accident. C’est un choix et parfois un combat.

En effet, un amour basé sur un choix ne peut s’entretenir à lui seul. Il faut donc toujours être vigilant et se concentrer sur son propre comportement pour permettre à ce sentiment de se développer et de vivre.

L’amour que l’on porte à l’autre. Cette expression est tellement vraie. Si l’on est fatigué de porter, il nous reste le choix d’arrêter. Tout dépend si chacun aide à porter sa part.

A contrario, cette amour subi (et donc non volontaire) peut devenir une malédiction. Je constate un nombre affligeant de femmes qui restent avec un homme qu’elles ne désirent pas, qui ne se comporte pas du tout comme il le devrait. Mais elles restent avec lui malgré tout et même si elles côtoient d’autres personnes qui pourraient être beaucoup plus épanouissants que lui.

Ce concept d’amour volontaire me donne une vraie motivation de faire que ma chérie soit heureuse dans mes bras et je vais avoir des paroles, des attitudes et des attentions qui parfois semblent extraordinaires comparé à d’autres hommes.

Je vais donner un exemple personnel : Pour la Saint Valentin j’ai annoncé (plusieurs mois à l’avance) que je m’en occupais. Je lui ai donc fais la surprise de l’emmener à Berlin pour cinq jours (elle l’a découvert à l’aéroport ... ou presque ... le timing a été presque parfait). Pour moi, c’etait effectivement un effort mais il n’y avait pas d’autre motif que de lui faire plaisir.

Un nombre impressionnant de nos amis, collègues ou membres de notre famille respective étaient persuadés que j’allais la demander en mariage.

Bien sûr que non. Pour nous, ce voyage a été en effet fantastique (en dehors de ma grippe quinquenale qui, puisque rare, est toujours très violente … il fait très froid à Berlin en février), et avec un esprit très strass et paillettes car cela tombait pendant le festival du cinéma de Berlin. Ma chérie était aux anges tous les jours.

Mais aussi grandiose que cela puisse avoir été, cette escapade est ridicule comparé à l’intensité de ce que je souhaite pour ma demande en mariage.

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires
Jeudi 25 mai 2006 4 25 /05 /Mai /2006 14:00

Il y a quelques jours, je me rendais à mon bureau qui se situe à quelques minutes de chez moi comme je le fais tous les matins.

La rue principale que j’emprunte est très agréable car principalement piétonne et il s’y passe toujours quelque chose. Cela me distrait avant d’arriver au bureau.

Mais l’autre jour, quelque chose m’a frappé. Je croisais un homme d’environ 50 ans ses cheveux gris argentés lui arrivant aux épaules, une allure de rocker avec sa veste en cuir et ses santiags. Quelque chose clochait et cela avait un rapport direct avec lui. Je ralentis alors mon pas et j’allais me retourner pour vérifier ce qui n’allait pas et quel lien cet individu avait avec ce mystère, quand cela m’a frappé.

Il était seul.

Et d’habitude il marche dans le sens opposé au mien avec une femme aux mêmes cheveux longs et dont le style s’accorde tout à fait avec notre rocker. Je me suis alors dit que c’était d’ailleurs comme cela que je savais si j’étais en retard. Si je les croise tôt dans mon parcours, cela veut dire que je serais en retard (cela n’a pas vraiment d’importance puisque je n'ai pas "d'heure" pour être au bureau, mais mon rapport à l’heure est assez conflictuel … je crois que le temps ne m’aime pas et c’est réciproque).

Avec cette révélation, la rue toute entière s’est alors mise à changer devant mes yeux. Ou plutôt, mon esprit s’est mis à changer de perspective car j’ai pris conscience que c’était ma rue ou plutôt que je la partageais en copropriété avec des personnes de toute sorte.

C’est ainsi que des manies auxquelles je n’avais jamais fait attention me sont apparues. Par exemple, lorsqu’il pleut je marche uniquement sur des partie « anti-dérapantes » du trottoir pour éviter de glisser avec mes chaussures préférées aux semelles usées (je ne retrouverai jamais les mêmes et je pense qu’un jour, elles me tueront).

Je traverse toujours la rue au même endroit, devant le mini casino, sauf si une jolie fille est sur le trottoir que j’emprunte ; auquel cas je reste du bon côté.

D’ailleurs, lorsque je ne croise pas le couple de rockers, mais que je vois la très jolie fille qui ouvre tous les matins le casino, cela veut dire que je suis très en retard (et je le serais d’autant plus que je vais probablement ralentir le pas pour prolonger ce moment).

Un peu plus loin une dame d’environ 50 ans distribue tous les jours « Metro », le journal gratuit que je ne prends jamais. Nous nous regardons chaque fois et nous sourions comme pour dire : « Bonjour, vous allez bien aujourd’hui ? Beau temps non ?  Ça fait du bien après toute cette pluie ! ».

Mais je ne fais que sourire et elle ne fait que dire « Metro ? ». Elle sait que je ne prends jamais le journal mais je crois que l’on trouverait tous les deux anormal qu’elle ne me le propose plus. Non pas pour des raisons commerciales, mais juste parce que c’est notre forme unique de politesse, de reconnaissance.

Sur le chemin du retour et selon les jours, mes points de repère sont différents. Il y a d’abord le joueur de cornemuse du mardi. Je me suis toujours demandé ce qu’il faisait là. Personnellement, c’est un instrument que je ne vois joué que dans les Highlands au milieu des collines, pas en centre ville sur la High Street.

Le siffleur aveugle du mercredi est absolument fantastique. Le son qu’il produit est absolument irréel et tout le monde se retourne. Pourtant, je ne lui donnerais jamais une pièce parce qu’alors je deviendrais par ce simple geste, un passant comme les autres. Bien sûr, il ne peut pas me voir mais je me suis dit qu’il était peut-être le seul à entendre et reconnaître mon pas silencieux (ces chaussures sont tout simplement parfaites et je ne peux pas m’en défaire).

Nous avons aussi, le prêcheur du Jeudi avec sa voix de stentor.

Je l’ai vu une fois produire de longues litanies sous une pluie torrentielle et un vent de face dignes des quarantièmes rugissants, à côté de sa grande pancarte rose indiquant en lettre d’or quelque chose comme « God knows the sinners ». Avec sa voix terrifiante, il personnifiait Dieu et l’on s’attendait à tout moment à voir un éclair fendre le ciel pour s’abattre sur l’une des personnes que le prêcheur aurait pointé d'un doigt accusateur.

Un autre que j’entends d’ailleurs en ce moment même et qui a une voix encore plus impressionnante : je l’appelle le héraut parce que c’est ce qu’il est.

Mon bureau est proche de la High Street mais des murs (et notamment ceux d’une banque) nous séparent. Pourtant, même avec les fenêtres fermées je peux distinguer sa voix au loin. Je ne sais même pas pourquoi il est là mais il prononce des discours (je n’ai jamais prêté l’oreille pour savoir de quoi il s’agissait) en faisant tinter sa cloche pour avertir les foules. Il est habillé de velours rouge avec un chapeau haut-de-forme, une « culotte » assortie d’où dépassent des chaussettes d’une blancheur irréprochable et des bottes de cuir que l’on porte pour la chasse à courre (et pour monter en général mais le côté rouge du personnage m’a toujours fait penser à la chasse à courre).

On trouve souvent au Cobbler’s Shop qui fait un coin de rue, des femmes en tailleur à la mine déconfite, une chaussure à la main parce qu’elles viennent de casser leur talon. Et le cordonnier pour un sourire (et £5 bien sûr) le leur refait sur le champ.

Dans le coin opposé, une fleuriste tient un stand. Elle attire les foules en se déguisant ou en se mettant à moitié nue (à moins que cela ne fasse partie de sa panoplie de déguisements). Elle garde toujours une casquette vissée sur la tête et l’on ne voit jamais vraiment son visage.

Il y a les hommes qui rentrent hagards chez leur « bookie » sans espoir de vraiment gagner mais viennent parier par habitude. Ils en sortent avec cet œil lumineux et ces lèvres crispées, l’air extatique de celui qui vient de subir une montée d’adrénaline.

Il y en a tant d’autres. On se scrute et s’observe. On se connaît puisqu’on se voit tous les jours. On s’ignore car on ne se parle pas. C’est l’entente commune que l’on se partage la rue et que l’on se rassure par cette camaraderie de circonstance.

Mais si l’un de nous devait adresser la parole à un autre, l’équilibre serait rompu. C’est notre rue, c’est ma rue.

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 11:45

Bonjour,

Hier soir j’ai regardé la finale de la Champions League et … Arsenal a perdu … Dommage !

Je ne vais pas mentir, je ne suis pas un malade de foot et je m’en suis passé pendant de nombreuses années. Mais depuis que je suis arrivé en Angleterre c’est devenu une de mes caractéristiques sociales incontournables.

Même s’il existe des réfractaires, le foot reste quand même le sujet le plus abordé. Il regroupe à lui seul les mamelles génétiquement modifiées de notre monde : Argent, sexe et bière.

D’accord, on parle beaucoup du temps en Angleterre aussi. Le problème c’est que parler du temps, c’est un peu comme avoir perdu la bataille de la conversation et si je dois en arriver là je préfère en général fermer ma gueule.

J’ai été tellement peu intéressé par le football auparavant que pour la finale de la Coupe du Monde 98 j’étais au lit. Je n’ai d’ailleurs pas trop dormi étant donné que tout le monde s’égosillait.

Et puis je m’étais toujours dit que ne pas aimer le foot c’était une preuve de romantisme.

(Peut-être mais je ne crois pas que ce soit vraiment efficace pour emballer).

C’est pour cela que le foot, lorsque je le regarde, reste une expérience un peu douloureuse. C’est l’exemple type qui prouve que mes principes à l’étranger se disloquent.

Mais c’est tellement plus simple de parler de foot aux gens quand tu es étranger que de politique. D’abord, parce que souvent on te fais vite comprendre qu’il y a des sujets qui ne doivent pas être abordés. Si tu viens d’ailleurs et en particulier de France, tu as un droit limité sur les conversations footballistiques. Ceci parce que « French people cannot really be into football can they ? ».

Et c’est vrai à ce titre, j’aimerai quand même exprimer quelque chose ici. Ce genre de commentaire montre qu’il est facile de voir que la France n’est pas un pays de football et que par conséquent il est inutile d’essayer de faire tenir une quelconque crédibilité politique auprès des français sur ce seul vecteur. Oui Jacques c’est à toi que je parle …

Donc parler de football sauve socialement d’échanges sociaux qui ressemblent à cela : (Silence)  … je ne sais pas quoi dire et puis je vais faire des fautes et on va me juger et …

[Etat évident mais naturel de paranoïa qui force à faire l’effort de plus pour s’intégrer socialement]

« Alors vous habitez par ici ? »

Voilà là je démarre très fort et si c’est une nana elle va penser que je la drague. Surtout qu’il n’y a aucun intérêt à cette question si ce n’est de remplir le silence … Et puis au regard du niveau d’intérêt de la question, les réponses ont quelque chose de proportionnellement minable … quelque part, j’ai du mal à voir quelqu’un dire :

« Non j’habite en Inde et je suis venu en Jet pour cette soirée parce qu’on ne peut pas boire là-bas si on n’a pas de permis … »

Et dans ce cas on peut parler des différents régimes économiques et sociaux vis-à-vis des produits tels que le tabac et l’alcool.

Ou bien:

« Oui, ici, mais j’habite à 156 mètres sous terre parce que j’aime beaucoup les concepts souterrains» .

Et dans ce cas on peut parler psychologie parce que je serais vraiment curieux de savoir quel genre d’abruti est assez instable pour aller se planquer à 150 mètres sous terre et en plus me donner la précision que c’est 156 prouve qu’il est du style à collectionner ses crottes de nez sous son lit de façon méticuleuse …

En réalité les réponses sont :

« Oui » et là il n’y a rien d’autre à répondre que « Moi aussi » auquel la personne peut désespérement répondre « cool » et la paranoïa se réinstalle.

« Non » et là des prolongations agonisantes s’instaurent pour ne revenir que plus violemment à cette panique originelle.

Donc il faut passer à autre chose.

Mais le problème est là. On parlera de boulot, de télé et on voit se profiler le sujet du temps … moi dans ces moments je ne panique plus et je place le foot …

En règle générale, parler de foot avec un(e) parfait(e) inconnu(e) résulte en une extraversion momentanée de l’interlocuteur(trice). On assiste au spectacle de quelqu’un qui se découvre dans toute son animalité en criant le nom de son équipe favorite. La personne se redresse, devient fière, de l’émotion passe enfin dans cette conversation.

Oh ce n’est que passager mais c’était là, fugace mais réel.

C’est alors que je me dis que j’ai du m’abaisser bien bas pour pouvoir soutenir une relation purement situationnelle et je m’en veux parce que non seulement ce n’est que du foot mais en plus j’ai apprécié ce moment parce qu’après tout il s’est passé quelquechose.

Je pense à cela et aussi au match d’hier soir. Je vois les actions au ralenti. Pas les buts ou les fautes de jugement de l’arbitre. Non. Je ME revois au ralenti en train de me tortiller devant cet écran, beuglant pour une équipe qui n’est mienne que parce que la moitié de l’équipe est française …

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 17 mai 2006 3 17 /05 /Mai /2006 15:07

Alors voilà mon blog …

 

Pourquoi d’ailleurs?

 

Et bien c’est assez simple. Tout a commencé quand je discutais avec ma meilleure amie de son mariage …

 

(Bruit de freins)

 

Non, ce n’est pas le meilleur moyen de commencer … en fait, il faut que je reprenne avant cela.

 

Tout a commencé quand, il y a 8 ans, elle est partie au Mexique pour une année après son bac …

 

(Vinyle qui s’enraille)

 

Non même pas …

 

Tout a commencé vers l’âge de 13 ans quand mon meilleur ami et arrivé dans ma classe de 5eme … oui mais en fait ce n’était pas mon meilleur ami à l’époque et de plus je le connaissais depuis bien avant …

 

(Explosion)

 

Je crois que je vais mettre de côté l’origine de ce que je m’apprête à dire et je vais plutôt évoquer les raisons …

 

Il faut que j’arrive à parler espagnol pour le 19 Août 2006 parce que ma meilleure amie se marrie avec un espagnol et que je suis son témoin … Je pense que c’est important et j’ai un goût pour le multiculturalisme. Vu le remue-ménage que cela crée je me demande parfois pourquoi …

 

Il faut aussi dire que ma résolution cette année c’est « d’apprendre plus ». Cela concernait surtout le Gujurati parce que ma chérie est d‘origine indienne (et anglaise d’ailleurs).

 

Putain pourquoi je ne peux pas m’empêcher de faire des zig zags quand j’exprime quelque chose ? Et comme si ça ne suffisait pas au bordel intérieur qui me torture j’ai choisi une vie (je ne suis pas trop du style à croire au Destin et tous ces trucs de shamans) avec des pays différents et donc des langues différentes … oui il y a aussi des histoires à raconter c’est peut-être aussi une bonne raison de créer ce blog.

 

Je n’ai aucune idée de la manière de réapprendre un minimum d’espagnol (j’ai eu des cours quand j’étais au collège et lycée mais j’apprenais plutôt des chansons basques au fond de la classe). Je me suis dit que peut-être apprendre sur le net pouvait être une bonne idée et partager mon expérience un bon moyen de me corriger.

 

Et puis il y a autre chose qui m’intéresse c’est l’effet « Auberge espagnole ». Film qui d’ailleurs avec « les Poupées Russes » ont montré ma vie au cinéma … je ne sais pas si ça vous l’a déjà fait mais j’ai vu ses films et je me suis demandé si Cédric Klapisch n’était pas avec moi pour les 10 dernières années de ma vie …

 

Où en étais-je ? L’Auberge et son effet, car j’adore mettre plein de gens de différentes origines dans un même endroit. Pas pour savoir qui est le plus fort ou qui a raison mais pour savoir qui.

 

Qui ils sont, qui ils veulent, qui ils aiment ou détestent … une curiosité chronique de ces esprits qui n’ont rien de commun avec le mien et qui parfois de façon extraordinaire arrivent aux mêmes conclusions …

 

Ce que je viens de dire est nul … je suis en train de rentrer dans le cliché du « on est tous frères ma soeur » … non. Bon donc il faut que je raconte tout ça mais il faut aussi que j’apprenne l’espagnol donc je ferai en sorte de faire suivre ces 2 chemins sur ce blog.

 

Ah oui j’ai complètement oublié un détail … j’habite en Angleterre et donc je démultiplie le fracas mental !

 

Bien c’est un début, je suis sûr que tous ceux qui ont commencé des blogs étaient aussi inintéressants que moi. Je vais m’améliorer. Je le dois parce que j’aime bien écrire aussi (encore une bonne raison pour ce blog).

Et puis il y a un autre but … je suis absolument nul en informatique et je me dis qu’en m’y jettant à corps perdu je pourrais probablement me démerder un peu mieux !

A demain …

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus