Mardi 27 juin 2006 2 27 /06 /Juin /2006 12:59

Il semble difficile de faire apparaître le mariage homosexuel sans mettre en danger le mariage lui-même.

Le mariage est un contrat. Le Code civil indique en effet dans son article 144 (le fameux) « L’homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus ne peuvent contracter mariage ».

Je reviendrais sur cet article un peu plus tard mais considérer le mariage comme uniquement un « contrat » serait, je crois, limiter sa réelle portée. En effet, la plupart des personnes qui se marient ne savent pas qu’il s’agit d’un contrat car leurs raisons sont ailleurs, le mariage est donc aussi une institution. C’est un vieux débat que de se demander si cet acte est un contrat ou une institution mais sans rentrer dans le détail, il est évident que les conséquences ne sont pas seulement juridiques mais peuvent également être religieuses, sociales, morales (continuer ad lib). Mais il est tout de même nécessaire de créer une règle de droit protégeant cette institution.

Je ne sais pas si je suis en faveur ou défaveur du mariage homosexuel mais une chose est certaine. A ce jour, le mariage entre deux personnes du même sexe est interdit. Monsieur Mamère se fondait sur une décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui ne traitait pas du sujet (il s'agissait d'un transexuel) et l’article 12 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (« A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit »). Il a cru, à tort, pouvoir en déterminer un principe général sur le mariage homosexuel. Je suis toujours révolté par l’arrogance de certaines personnalités politiques qui n’ont aucune idée des fonctionnements juridiques de nos sociétés et cette révolte se transforme en tempête lorsque l’interprétation ridicule sert les intérêts d’un démagogue.

Pour revenir sur l’article 144, il est clairement indiqué que le mariage concerne « l’homme » et « la femme ». Si les mariages entre personnes du même sexe étaient considérés, l’article en question indiquerait « les hommes » et « les femmes ». L’argument se tient d’autant plus que l’article n’a pas été modifié depuis sa rédaction en 1804 … ah oui le voilà, le talon d’Achille de cet article. Il a plus de 200 ans. Cela en fait-il pour autant un mauvais article ? Je n’en suis pas si sûr (le jeunisme de notre système moderne n’est pas une panacée) et répondre à cette question permettra de répondre à celle du mariage homosexuel. C’est certainement un article inadapté au mariage homosexuel mais on peut considérer qu’il reste une base solide pour le mariage hétérosexuel car le critère est déterminable. A l’inverse, si l’on considère que cet article n’est plus adapté au mariage hétérosexuel, il est nécessaire d’en trouver un autre car autrement c’est le mariage lui-même qui n’est plus juridiquement protégé, hétérosexuel et homosexuel.

On pourrait être tenté de permettre le mariage homosexuel par le critère du droit d’être parent. Je crois que la question n’est pas de savoir si un enfant sera plus équilibré dans un couple hétérosexuel que dans un couple homosexuel. Les exemples contradictoires seraient légion et rien ne permet sur ce critère de tirer un principe applicable. Simplement parce que ce critère est l’amour.

Permettre le mariage homosexuel ne peut pas se faire en définissant juridiquement ce qu’est l’amour. Le concept est trop abstrait pour déterminer une règle.

Il est évident que le mariage d’un couple hétérosexuel est juridiquement justifié et déterminé par la maturité sexuelle des deux personnes car il est supposé donner un cadre à ceux qui souhaitent faire un enfant. Je ne rentrerai pas sur le débat de l’inexactitude de ce principe pour les couples hétérosexuels qui se marient  parfois pour d’autres raisons.

Il n’en reste pas moins qu’à ce jour, il n’a pas été possible de déterminer un critère de même valeur pour le mariage homosexuel. Un critère qui permet de faciliter une certaine stabilité de l’union.

Le meilleur moyen de faire avancer la question n’est pas de démontrer pourquoi les critères du mariage hétérosexuel ne marchent pas car cela ne ferait que détruire le mariage pour tout le monde et ce n’est pas le but. Il s’agit en fait de réaliser comment introduire des critères durables pour justifier le mariage homosexuel. Il semble que pour l’instant il ne soit pas possible de d’unifier les deux régimes (homosexuel/hétérosexuel) derrière un même critère, une même règle.

On revient alors à se demander si le mariage doit être défini sur sa contractualisation ou son institutionnalisation.

Si l’on se place uniquement sur le principe du « mariage-contrat », des règles peuvent être déterminées afin de consacrer l’union homosexuelle et c’est ce qu’est le PACS. Car le contrat devra être adapté à la situation des parties. En réalité, il s’agit de protéger la situation patrimoniale des parties.

Mais cela serait faire peu de cas des autres aspects qui font qu’une union est un mariage. Un mariage n’est pas seulement un contrat.

S’il intervient un jour, le dénouement de l’aporie sera terrible.

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 juin 2006 2 20 /06 /Juin /2006 17:00

Quelques mois après “l’incident”, je me suis rendu dans un club automobile agréé par la préfecture pour procéder à un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

 

Les interventions sont dirigées par un formateur reconnu apte par le préfet et un psychologue. Ce dernier a été avachi sur sa chaise pendant les deux jours de stage sans ouvrir la bouche. D’ailleurs, je ne me souviens pas du moindre mot qu’il leur a été donné de prononcer.

 

En revanche, je me rappelle parfaitement des autres « participants ». Ils semblent tout ce qu’il y a de plus normal. Nous sommes une douzaine environ et je regarde ces hommes et femmes de différents âge et niveau social. Nous semblons unis pas la route d’une manière ou d’une autre et l’injustice est un thème qui fait l’unanimité. A mesure que le stage progresse, je réalise pourtant que je n’ai aucun lien avec ces personnes. Ma présence parmi eux procède de l’anomalie.

 

Dans un tour de table, chacun indique les raisons de leur participation à ce stage. La même réponse revient pour chacun d’eux, ils sont tous présents car ils veulent récupérer des points sur leur permis.

 

Lorsque la parole m’est donnée, j’explique que ce stage est une opportunité de ne pas perdre mes 12 points. Je vois à leur visage et leurs sourires en coin que je passe pour le premier de la classe. La plupart des personnes présentes a déjà participé à plusieurs stages qu’ils considèrent uniquement comme un moyen de restitution de points. La sensibilisation est impossible pour eux, ils sont anesthésiés.

 

Je fais un rapide rappel de la Loi :

CODE DE LA ROUTE
(Partie Réglementaire - Décrets en Conseil d'Etat)

Section 2 : Des stages

Article R223-5

(Décret nº 2003-642 du 11 juillet 2003 art. 4 V, VI Journal Officiel du 12 juillet 2003)

I- La formation spécifique prévue par le deuxième alinéa de l'article L. 223-6 est destinée à éviter la réitération des comportements dangereux. Elle est organisée sous la forme d'un stage d'une durée minimale de seize heures réparties sur deux jours consécutifs.

Article R223-8

(Décret nº 2003-642 du 11 juillet 2003 art. 4 V, VII, art. 7 I, Journal Officiel du 12 juillet 2003 en vigueur le 1er mars 2004)

(Décret nº 2005-320 du 30 mars 2005 art. 6 Journal Officiel du 6 avril 2005

II-  L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions de l'alinéa 2 de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. Une nouvelle reconstitution de points, après une formation spécifique effectuée en application des mêmes dispositions, n'est possible qu'au terme d'un délai de deux ans.

Je me rend compte que certains ne sont pas là pour récupérer quelques points, ils n’ont simplement pas le choix. En effet, la loi oblige certains usagers à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière au titre d’une peine complémentaire qui peut être prononcée par le juge pour les délits au code de la route réprimant les faits les plus graves tels que les homicides et les blessures involontaires, la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, la récidive de conduite sans permis, le délit de fuite, la conduite malgré une suspension ou une annulation du permis, l’état d’ivresse, l’usage de stupéfiants et la récidive de grand excès de vitesse.

Voici un échantillon de 16 heures que j’éviterai à l’avenir.

« Les flics sont payés pour nous racketter ». Pour le représentant en équipement hospitalier, la théorie du complot vise non seulement les usagers en général, mais il sait que certains agents l’arrêtent parce qu’ils le reconnaissent. Il lui reste 2 points sur son permis et pour lui il ne s’agit que d’une preuve de plus que l’Etat vole les citoyens avec la complicité des forces de l’ordre et de leurs radars.

Ce grand émotif évoque les cynémomètres comme des êtres malins prêts à bondir sur l’automobiliste naïf. Il explique que sans permis il ne peut pas travailler et estime que garder son emploi est une prérogative supérieure à celle du respect du Code de la route. Il se fait arrêter pour excès de vitesse car son travail l’y oblige mais le Code de la route devrait prendre cela en compte afin de ne pas faire appliquer la sanction. D’ailleurs pour lui, les « flics » n’ont rien à faire sur la route et les automobilistes s’en sortiraient bien mieux sans eux.

« Le code de la route est fait pour les usagers, il doit donc toujours être considéré à leur avantage ». Voici ce qu’une participante déclare ne se souciant guère de la loi ou de la rationalité. Son affirmation me surprend d’autant plus que cette belle femme d’une quarantaine d’année est médecin. Même si elle semble franchement cyclotimique.

Pour elle, le Code de la route donne raison aux usagers et c’est cela qui justifie une certaine flexibilité des comportements. Ce qu’elle considère comme une simple tolérance se révèle être une véritable double entorse au Code de la route. J’espère que sa pratique de la médecine est plus soigneuse, sans quoi les patients risquent de rejoindre plus rapidement les personnalités citées dans le serment qu’elle a prêté.

A un carrefour, un feu rouge ne doit pas toujours être respecté car c’est une attente inutile lorsque personne n’emprunte les voies perpendiculaires. Et prendre un rond point à l’envers est nécessairement plus rapide s’il n’y a personne (le Situs Inversus routier).

Séduire un policier lorsqu’il vous arrête fait partie « des règles du jeu ». Je doute que les derniers qu’elle a rencontré soient tombés sous le charme.

Il semble en effet que des motards de la police aient d’abord vu un véhicule roulant à une vitesse excessive sans présence apparente du conducteur sur une voie rapide. Ils ne pouvaient voir en effet le docteur chercher son stylo sous le siège passager. Une brève poursuite s’en est suivi car absorbée par ce qu’elle écrivait en conduisant, elle ne s’est pas tout de suite rendue compte que les motards lui intimaient de se ranger sur le bas côté.

« Les limitations de vitesses ne doivent pas s’appliquer aux propriétaires de voitures puissantes, les limitations doivent uniquement sanctionner les usagers qui ne peuvent pas les atteindre ». Il s’agit d’un homme d’affaire en manteau et costume sur mesure. Il est négociant en vin et voyage à travers toute l’Europe. Il se souvient de tous ses excès de vitesse pour chaque pays traversé et les énumère fièrement. Certains excès dépassaient allègrement les 200 km/h …

Il participe à un stage de ce genre pour la cinquième fois et au bout de quelques minutes ouvre le Financial Times. Il ne lève la tête que pour raconter des anecdotes et ridiculiser les forces de l’ordre ou les mauvais conducteurs. Il ne fait pas partie de la dernière catégorie et indique que puisqu’il peut payer, les limitations de vitesse ne devraient pas lui être appliquées.

Cette restitution des points, pour lui, n’est que le prix à payer pour son activité. Cela fait partie des frais professionnels à prendre en compte même s’il accorde qu’il n’a pas de raisons professionnelles de rouler vite.

Il accepte ce système car cela permet de renflouer les caisses de l’Etat pour ceux qui en ont besoin. En résumé, il se permet des excès de vitesse par charité. Il n’annonce cela que par provocation et non par conviction mais il démontre son total désintérêt pour l’objet de cette sensibilisation.

« Ce n’est pas de ma faute si je ne fais pas attention quand quelqu’un traverse sur le passage pour piéton en même temps que moi ». Assis à ma gauche, cet homme d’une trentaine d’années est, jusque là, très discret. Il explique de sa petite voie qu’il a pourtant renversé des piétons à trois reprises. Il ne roule pas vite et uniquement en ville. Les piétons renversés s’en sortent avec quelques égratignures ou un bras cassé pour une femme enceinte. Il avoue être distrait et ne rien y pouvoir. C’est pour cela qu’il garde sa vieille Clio. Les cabossages se voient moins lorsque le véhicule est déjà « très marquée ».

« Je suis un bien meilleur conducteur lorsque j’ai bu ». Il est le seul individu que l’on remarque dès son entrée comme « un cas à part ». Il arrive en titubant ne laissant aucun doute sur son état d’ébriété et son visage est tuméfié. Il explique qu’il n’a jamais réussi à conduire correctement un scooter (sur lequel il est venu) et ses blessures proviennent des chutes récentes depuis que son permis lui a été retiré. Il revient le second jour avec des blessures plus importantes encore sur la joue et le bras. Il « s ‘est ramassé » en repartant du stage la veille … Cela prouve qu’il est plus prudent de lui rendre son permis.

Il pense que des gens comme lui devraient le passer en ayant bu de l’alcool. Il n’a pas précisé s’il aurait alors eu le droit de conduire uniquement lorsqu’il est au-dessus de la limite autorisée.

Une douce personne âgée raconte ensuite qu’elle conduisait ses petits-enfants sur l’autoroute et ne roulait pas à plus de 110 km/h. Il semble qu’elle voulut se déporter pour signaler aux automobiles derrière que 2 chauffeurs d’un convoi portugais se situaient sur la bande d’arrêt d’urgence. Dans des circonstances que je n’ai pas bien saisi, la grand-mère a fauché les deux hommes qui sont morts sur le coup.

Pendant toute l’histoire, elle baisse la tête et il est parfois difficile de distinguer les mots qu’elle prononce. A la fin de son récit elle lève la tête et regarde toute l’assemblée médusée. Le négociant a posé le FT depuis un moment déjà et rompt le silence le premier : « Vous les avez tués ? »

L’œil luisant de larmes et de défi, elle étouffe un petit rire et décoche cette phrase terrifiante : « Moi, les portugais, je les ai pas loupés !»

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 16 juin 2006 5 16 /06 /Juin /2006 15:01

La route (cette triste continuation de la Via Appia) est probablement l’espace où les individus sont le plus susceptible de faire fi de la loi. Je ne suis pas fier des circonstances qui vont suivre et la litote utilisée en début de phrase n’est qu’une tentative désespérée d’atténuer une honte incompressible.

 

L’histoire se déroule il y a quelques années et commence par une belle nuit d’été.

 

Ces mois estivaux furent éprouvants car il a fallut faire beaucoup de route. Souvent pressé par le temps, je roulais habituellement très vite. La première proposition n’excuse EN AUCUN CAS la seconde.

 

Ce soir-là, je termine enfin mon job d’été. Je rentre chez moi avant de reprendre le chemin de l’université quelques jours plus tard. Dans mon cas, le travail était une condition (je n’ai pas dit condamnation) pour tenter de goûter au fruit de la connaissance.

 

Je circule sur une route nationale, une longue ligne droite de plusieurs kilomètres et j’apprécie ce moment de libération. Cette fois-ci je n’accélère pas, je n’ai plus de raisons d’être pressé. Je suis bien en dessous de la limite autorisée.

 

La visibilité est bonne, le prochain village encore loin et la route est déserte si ce n’est devant moi à quelques centaines de mètres, une automobile que je rattrape malgré ma vitesse réduite. Il semble donc que le conducteur de ce qui s’avère être un 4x4 roule beaucoup plus lentement que moi. En me rapprochant, je constate également un maintien de conduite très approximatif. Le conducteur est saoul me dis-je.

 

Une cinquantaine de mètre avant de rejoindre le véhicule, celui-ci fait une embardée sur la gauche et continue de filer à l’anglaise (comprendre dans ce jeu de mot minable qu’il reste sur la voie de gauche non qu’il se carapate discrètement). Je claxonne et lui fais des appels de phares avant de ralentir à mon tour pour ne pas être trop proche du véhicule du pochetron.

 

Le conducteur lève un bras (ou peut-être les deux) et s’agite avant de retourner sur la voie de droite comprenant que n’ayant pas d’épée au côté il n’a aucune raison de rester à gauche.

 

A mon grand regret, cette gesticulation ne me semble pas constituer des remerciements de la part de notre adorateur de Dionysos.

 

Vexé dans mon égo de héros (car, me dis-je, je lui ai peut-être sauvé la vie), j’accélère, enclenche mon clignotant et le dépasse sans un regard pour le malotru. Une fois revenu sur ma voie et pris quelques distances, je jette un coup d’œil à mon rétroviseur. Cet ingrat du Destin qui m’a mis sur son chemin, prend de la vitesse et me rattrape.

 

Sa voiture est plus puissante et plus imposante que la mienne et je ne peux lui échapper. Le sac à vin est tellement proche de mon véhicule que je ne vois plus ses phares (mais peut pratiquement sentir son haleine avinée). Il reste dangereusement proche de mon pare-choc arrière à une vitesse que nous accroissons tous les deux.

 

J’ai déjà vécu une aventure similaire sur le périphérique parisien et je sais que tant que la situation reste dangereuse, je ne vacille pas. Je m’arrange toujours pour remettre à plus tard ma panique alors décuplée par l’attente de sa libération.

 

Tout en accélérant j’espère alors que le fou furieux ne tentera pas de me mettre dans le fossé.

 

Le village devant est en vue. Un feu tricolore est à quelques encablures de l’entrée de la commune. Il est vert.

 

C’est alors que cet olibrius ralentit soudainement alors que je continue à rouler à vive allure. Je remarque que le feu passe à l’orange lorsque je le dépasse. Tant mieux, cela me permettra de me débarasser de l’alcoolique. Un grand pont se situe au milieu du village et c’est seulement en passant sur celui-ci que je décide de réduire ma vitesse.

 

En traversant le pont, je reprends petit à petit mes esprits et le choc de la situation me revient en pleine figure. Je panique.

 

C’est pourquoi je suis rassuré lorsque les trois policiers placés juste après le pont, me demandent de me garer derrière le grand parterre de fleurs qui les dissimulait. Je m’inquiète un peu plus lorsque  je les vois rire ou plutôt se moquer de moi. La situation semble aujourd’hui très claire, mais sur le moment je n’ai véritablement compris les tenants et aboutissants de leur hilarité que lorsque l’un d’eux me demande d’avancer encore afin de pouvoir distinguer l’appareil sur lequel est indiqué en chiffres rouges « 102 ». Il ne s’agit pas d’un nouveau record de regroupement de dalmatiens mais du kilométrage par heure que j’ai effectué à l’entrée du pont.

 

Ma tête va alors se reposer sur le volant en soupirant un déchirant et sincère « oh putain ».

 

Pendant quelques instants, les évènements précédents ne me reviennent pas et à la demande de l’agent je sors de mon véhicule et prends mes papiers. Pas dans cet ordre d’ailleurs mais je suis bouleversé.

 

Du coin de mon œil terrorisé, je vois le soûlard prendre une rue perpendiculaire avant le pont et tout me revient alors. Je m’apprête à crier « c’est lui ! », j’ouvre la bouche et le policier un stylo et un carnet à la main me demande de façon autoritaire « Oui ? ».

 

Je referme la bouche car à la réflexion, je ne vois pas comment expliquer ce qu’il vient de se passer et la crapule est déjà loin.

 

Avec le recul, je me rends compte que j’aurais pu dire quelque chose mais le maëlstrom psychologique que je venais de subir m’en a empêché.

 

Les raisons données pour mon excès de vitesse ne valent pas la peine d’être mentionnées. J’ai lamentablement menti et l’agent n’était pas dupe. La vitesse retenue ne fut pas 102 mais 94 Km/h dans une zone où la limite maximale autorisée est 50 km/h. La différence de 8km/h ne semble pas énorme mais me fait passer d’une contravention de cinquième classe à une contravention de quatrième classe.

 

Petit rappel du Code de la route:

 

Article R413-3 1er alinéa

En agglomération, la vitesse des véhicules est limitée à 50 km/h.

 

Article R413-14

(Décret nº 2003-293 du 31 mars 2003 art. 2 IV Journal Officiel du 1er avril 2003)

(Décret nº 2003-642 du 11 juillet 2003 art. 2 III, art. 4 XIII Journal Officiel du 12 juillet 2003)

(Décret nº 2004-1330 du 6 décembre 2004 art. 1 Journal Officiel du 7 décembre 2004)

 

   I. - Le fait, pour tout conducteur d'un véhicule à moteur, de dépasser de moins de 50 km/h la vitesse maximale autorisée fixée par le présent code ou édictée par l'autorité investie du pouvoir de police est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.
   […]
   II. - Toute personne coupable de l'infraction de dépassement de la vitesse maximale autorisée de 30 km/h ou plus encourt également les peines complémentaires suivantes :
   1º La suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle ;
   2º L'interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, y compris ceux pour la conduite desquels le permis de conduire n'est pas exigé, pour une durée de trois ans au plus ;
   3º L'obligation d'accomplir, à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
   III. - Toute contravention prévue au présent article donne lieu, de plein droit à une réduction du nombre de points du permis de conduire dans les conditions suivantes :
   1º En cas de dépassement de la vitesse maximale autorisée compris entre 40 km/h et moins de 50 km/h, réduction de quatre points ; […]

Pour information, les contraventions de cinquième classe entraînent obligatoirement le passage au tribunal et l’amende peut aller jusqu'a 1500 €.

Les contraventions de quatrième classe entraînent une amende de 135 euros. Ce montant est minoré à 90 euros en cas de paiement du timbre-amende dans les 3 jours et majorée à 375 euros en cas de non-paiement dans les 45 jours.

J’ai donc dû laisser mon véhicule sur le bas côté. Mon permis de conduire m’a été retiré pour une durée d’un mois. Le Préfet du département à cette époque participait activement à une sensibilisation des jeunes au Code de la route et un choix me fut proposé : La perte de 4 points ou l'obligation d'accomplir, à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Je me rends compte aujourd’hui de la chance qui m’a été offerte à ce moment-là car le décret de 2004 n’était pas encore sorti. Le stage de sensibilisation n’était donc pas encore une option sur l’ensemble du territoire et ma présence sur un autre département aurait pu entraîner des conséquences pénales plus importantes.

J’ai donc choisi ce stage … (à suivre)

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /Juin /2006 15:17

L’autre jour, je discutais avec mon meilleur ami le Chacal Hurlant et il me décrivait son week-end passé avec des ombres.

Le récit du week-end n’a pas d’importance en soit. Ce qu’il faut retenir c’est la morale qui en découle : certains croient qu’ils sont vivants mais ils sont déjà morts …

Le pantouflisme qui règne chez certaines personnes m’exaspère parfois et m’attriste souvent. Une sorte de volonté irrationnelle de lutter contre la dynamicopathie, celle qui vous pousse à démantibuler les rouages de l’habitude, à rire impulsivement et à dépasser les doses d’éveil prescrites par leur sofa-rmacie …

Je dis irrationnelle mais peut-être existe-t-il des raisons valables qui obligent une telle catalepsie sociale. Une vie (« vis » parfois si l’autre moitié fait dans l’autoritaire hypnotique) de couple, un travail et d’autres termes qui exigent de prendre des responsabilités.

Assurément, je ne nie en rien ces nécessités et je ne pense pas qu’une recréation de Pandémonium soit le but ultime dans un paradis perdu que l’on ne cherche pas, avec raison. Je ne fais pas un appel à l’excès et la priorité reste la solidité de nos situations (professionnelles, sociales, amoureuses, etc.).

Les moments de joie devraient ceci dit vouloir dire : « Nous sommes vivants et c’est au nom de cela que j’ai produit ces efforts». C’est pour cela que je me meus.

Toutefois, il y a des nuances et tous les immobiles ne sont pas morts bien sûr. Il y a ceux qui ne se détendent tout simplement pas et pensent être plus importants, plus adultes en se parant de sérieux à toute heure. Ils ne remuent pas trop pour éviter de prendre du temps sur leurs responsabilités. Vous ne prendrez jamais ces gens-là au dépourvu, ils sont toujours prêts mais vous ne les verrez jamais courir dans les bois avec un foulard tressé autour du cou. Ils sont constamment (trop) vigilants et s’infligent une recherche (masochiste car vouée à l’échec) de bonheur par le seul accomplissement d’obligations certes valables mais qui n’apportent aucun épanouissement en soi. Car la récompense n’est pas intrinsèque à la responsabilité, elle en est l’accessoire ou le produit. Ceux-là ne sont pas morts pourtant, ce sont des morts vivants.

Les âmes perdues dont je parle sont celles qui ont décidé qu’il n’existait plus d’autre raison de vivre que celle d’amasser la plus grosse collection de DVD afin d’en avoir plus que le reste de leur vie pour les visionner. Je parle de ceux qui ne veulent pas voir si l’herbe est plus verte de l’autre côté de la colline parce qu’ils risquent de perdre leur place de parking. Je parle de ceux qui fondent la longévité de leur couple sur l’habitude en secouant les épaules pour se débarasser des derniers vestiges d’amour.

Ceux-là vont faire la fête mais comptent se coucher tôt. Ils pensent tellement à leurs obligations qu’ils ne font qu’acte de présence et lorsqu’ils rentrent, ils ont encore le goût amer de l’amusement auquel ils n’ont pas participé. Ils tentent alors d’anesthésier leur insomnie en s’escrimant sur leur télécommande. Leur conscience est sauve et leur manque de sommeil en harmonie avec leur agoraphobie volontaire. Ceux-là iront se coucher bien après que le dernier des fêtards se soit endormi, l’esprit tranquille …

J’étais partisan de l’expression anglo-saxonne « work hard, play hard » bien avant de la connaître. Mériter un moment de bonheur est une chose, apprécier ce moment en est une autre.

Il semble que certains choisissent de se suicider en arrêtant d’osciller, au grand dam de Nietzche, et font de leur vie une préparation au purgatoire.

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 14:01

Talking about Berlin, you would expect me to banter about the World Cup but you would be wrong.

I would like to talk about the hidden charms of a city that first needs to be discovered to conquer you.

I have been only twice to Berlin (and to Germany as a matter of fact). I don’t speak German and can only babble a few words in order to get by.

I will mainly talk about my second trip in March 2006 because my first one, a month before, was a romantic and therefore private one. My second trip was a stag do!

This gives me as well a reason to explain why I write this in English although it is not my mother tongue. I was the only French person in this trip and the others were from Northwestern England. So I mainly remember it in English. I know there will probably be mistakes … as I said, it is not my mother tongue.

In the beginning of March, Berlin was under a nice but freezing 8-inch snow coat. I seem to state the obvious when I say that but trust me, you do realize that Berlin is only a few miles away from Russia.

The first thing that crossed my mind when I arrived there is that Berlin looks tough. Not necessarily rough, well not all the time, but overall you think stupidly: “there was a war here”.

And even if it happened 60 years ago, there are still many signs of destruction.

Don’t get me wrong though, that was my first impression and it oozes through your mind once in a while when you’re there but on the other hand, the people make you forget this very quickly.

I have been around several places in Europe and I can tell you that Berlin is the trendiest spot I have ever been to.

But this is not at all what I thought the first time I got there. Back then, I just witnessed a distraught city and left with the impression that something was missing.

What made the difference this time was that we hung around with German people. The future groom (a.k.a. The Face) knew a German girl living with her boyfriend in Berlin, I. & T.

At this stage, I should probably introduce the members of the German party crew.

The Face is the future groom, you might think that his name comes from the A-Team series but it turns out that he inherited this appellation because he can get an evil face after a few drinks (we didn’t see it this time and I don’t really like it personally).

His brother, A., who woke us up every morning with a booming “Get your hands off your cock and put your socks!”.

The Face’s best mate Skins (a quite silent guy with a rare knack to get cheap booze very easily).

Trotsky (I still don’t know why that’s his nickname).

And W., (who, unlike the Face, showed The Face).

So the six of us got to Berlin for 3 days over the week-end.

Friday

I arrived before the others, as I didn’t take the same plane. Circulating in Berlin is fairly easy so I got to the hostel in West Berlin without a wince. Of course that was before the drinking, so things got a lot worse.

The others arrived and we had a beer. After a minute I realized that nothing was planned. We basically have crashed to a place where we could barely make ourselves understood without any idea of what to do. Well, that is not exactly true as most of German people speak English but I hate being such an arse and rely on this excuse. So I tried to speak a bit of what I learned a month before … which wasn’t great and I forgot most of it.

I had a small guide and I then started to select a few bars and clubs where we could go. As far as I was concerned, I wanted to make the most of it and improvise at the last minute seemed to me the worst thing to do.

We were supposed to meet I. & T. in the evening. We already had done a tour of some Berlin monuments (bar, bar, bar, …) and yes we were pretty drunk already when we found them. I remember the last bar we went to before meeting them was really stern and boring, and after a few drinks, Trotsky asked to buy some shots to lighten the atmosphere and was answered that this was not the kind of establishment to get drunk to the boot. Well it wasn’t for us then, and we left to find our German connection.

The starting point was some kind of kiosk where we could buy a beer for a euro. We didn’t stay long but it was then that a party whirlwind took us and we only landed back many hours later. When we got moving to the first place we had a small bottle of Champagne each … Skins idea!

We walked through several little streets, went into some sort of disused mansion which had scaffoldings on one of its sides that we had to climb to get to the large entrance of one of the trendiest bars I have ever seen! How would we have been able to find such a place on our own? We were glad to be guided. It was still early and the bar wasn’t crammed but there was this 70’s style that made it very fashionable and no doubt that it was very popular.

We went to another place which was found after running the same type of maze-like crawl. Inside were different rooms but I don’t remember them all as vodka and coke was flowing. From what I do remember, one of the rooms was designed in a Gothic/Chinese/traditional German style … I am really sorry but this is the best way to describe it! In the basement, a cave-like room had us boogying away on famous British or American songs but the lyrics were changed to German (how do you say smells like teen spirit in German?). Then the music stopped and a band went on stage. I remember the singer looked a bit like Björk. But the singing was a lot worse than anything Björk did. It seemed each part of the band was actually playing a different song … awful. We left.

I must admit that apart from children we were the only ones to have snowball fights in Berlin. And it could break out at any moment! Then, after a few snowball fights outside the bar/club, it was kebab time! We also had a lot of kebabs during this weekend and this is how we learnt that the Döner Kebab was actually invented in Berlin the same way Balti was created in Birmingham (but the debate for both origins seems still open).

Saturday

We went for a tour of Berlin, with still the odd beer break. I., our German guide, had desperately tried to show us as many things as possible but beers and snowball fights were definitely dominating our walk around. The goal that day was to plan the night to a lap-dancing club. Obviously, nobody had tried to plan anything before and we were in this bar drinking many beers (did I mention that before?). Randomly, a computer could be used in the bar and we started to look for something.

I could find five clubs and after checking their location we agreed on one place in West Berlin.

The day carried on until we decided to go to this club. On the door was written “cabaret” and this was definitely what we were looking for. The bouncer confirmed that there was “ many girls dancing!” We paid 20 euros each which was the price for the entrance and 2 offered drinks.

When we got in, a thought struck me. Although, I had never been in such a place before, I muttered to A. “this is a fucking brothel!”. And I was right.

Well we had some pole dancing but we didn’t think lap dancing was such a good idea and didn’t ask for anything.

The club was empty except for three Japanese guys even more hammered than us (something difficult to picture).

Of course, practically all the girls came to talk to us! One of the prostitutes, sat next to Trotsky trying to convince him that 100 euros were worth going in the back rooms. He refused so she asked the others if we wanted to “dance”. I replied as matter-of-factly as possible (I failed miserably) that we had danced already. She snapped at me and told me basically to fuck off and that the others could speak for themselves … then she left as no one was interested in her dominatrix role (or any other role in fact). She came back a moment later with a huge leather whip. Actually more like a leather stick, slapping it loudly in her hand watching me in a challenging gaze … We drank our G&T as quickly as possible and buggered off.

After this very “different” experience we decided to drink our head off in bar opposite the club which turned out to be brilliant. That’s when W. decided to show us the face.

After a while we thought it could be a good idea to find a club.

We therefore got to a place where was the “Cookies” according to my little guide. There was nothing. We were told the next day that the club had been closed a year before and that anyway its location changed a lot and was never the one we went to.

We took a cab and asked the driver to take us to a decent club. He said he knew many of them and we realized that he actually knew a lot on many things as he was talking a lot and the drive was a bit too long. He was taking us for a ride really.

After a while he showed us different clubs but said there was a better one after. As everybody started to get angry, I asked him to stop and we got out of the car.

We were less motivated but we still wanted to go to the club we had in front of us. It looked huge. The Face and I got in the marquee which was the entrance and the bouncers started to shout at us as we were passing the counter without noticing. We turned back to the counter, The Face took 10 euros out (the entrance was 5 euros) and we suddenly looked at each other before turning back to the bouncers … we didn’t realise straight away that they all had guns and what looked like uzis (but I have very little knowledge in the subject).

The Face didn’t procrastinate, left the 10 euros note on the counter and we ran out. We took a cab back and went to bed (ok we might have had a kebab before that). We had had enough for a night!

Sunday

Hung over. We tried to survive through the day before going to the airport. I was supposed to leave after them but their flight got cancelled (for an inch of snow in Britain whereas there was a lot more in Berlin and everything was working fine!) so they had to stay one more night … lucky.

It took me a while to recover, I’m too old for this crap but to be honest, I don’t regret any moment out there.

 

 

Par Frangnol - Publié dans : www.frangnol
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus